Les vaccins recommandés pour les seniors en 2024

Un senior qui consulte son médecin traitant en octobre pour un renouvellement d’ordonnance repart souvent avec une question en suspens : quels vaccins sont réellement à jour ? Le calendrier vaccinal après 65 ans a sensiblement bougé ces dernières années, avec de nouvelles recommandations sur le pneumocoque, des vaccins antigrippaux repensés et l’arrivée du VRS dans le paysage. Voici les vaccins recommandés pour les seniors à connaître et les changements concrets à intégrer.

Vaccin pneumocoque seniors : le Capvaxive remplace l’ancien schéma

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande désormais le recours préférentiel au VPC21 (Capvaxive) en dose unique chez les adultes de 65 ans et plus. Ce vaccin couvre davantage de souches que les vaccins précédents, ce qui simplifie le parcours vaccinal.

Concrètement, on passe d’un schéma en deux injections (une dose de vaccin conjugué suivie d’un vaccin polyosidique) à une seule injection. Pour un patient qui n’a jamais reçu de vaccin antipneumococcique, la démarche se résume à une visite. C’est un gain de temps réel en cabinet.

Le vaccin Prevenar 20 reste aussi recommandé par la HAS dans cette stratégie actualisée, selon le profil du patient et la disponibilité des vaccins. Le médecin traitant ou le pharmacien orientera vers l’un ou l’autre.

Médecin généraliste discutant du calendrier vaccinal recommandé avec un patient senior lors d'une consultation

Vaccins antigrippaux renforcés pour les 65 ans et plus

La campagne 2025-2026 a introduit deux vaccins antigrippaux dits « renforcés », spécifiquement destinés aux personnes de 65 ans et plus. L’un contient une dose d’antigène quatre fois plus élevée que le vaccin standard. L’autre associe un adjuvant qui stimule la réponse immunitaire.

La logique derrière ces vaccins tient en un mot : l’immunosénescence, la baisse progressive des défenses immunitaires avec l’âge. Un vaccin classique peut produire une réponse insuffisante chez un senior. Ces formulations renforcées compensent ce déficit.

Quel vaccin grippal choisir après 65 ans

La HAS recommande, lorsque c’est possible, de privilégier l’un de ces deux vaccins renforcés chez toute personne âgée de 65 ans et plus. En pharmacie, la disponibilité peut varier selon les semaines de campagne. Si aucun vaccin renforcé n’est disponible, le vaccin standard reste préférable à l’absence de vaccination.

Les retours varient sur la tolérance de ces vaccins renforcés par rapport aux formulations classiques. Les effets secondaires rapportés restent comparables : douleur au point d’injection, fatigue passagère, parfois un léger état fébrile pendant un à deux jours.

Vaccination zona et rappel dTP-coqueluche : deux oublis fréquents

Le zona touche majoritairement les personnes de plus de 65 ans, et ses complications (notamment les douleurs post-zostériennes qui persistent des mois) sont bien plus fréquentes à cet âge. Le vaccin contre le zona est recommandé dès 65 ans, mais il reste sous-utilisé en pratique.

Le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite (dTP) reste nécessaire à âge fixe (65 ans, puis tous les dix ans). On y associe désormais la coqueluche dans le cadre de la stratégie de cocooning, notamment pour les grands-parents en contact régulier avec des nourrissons. La coqueluche, bénigne chez l’adulte, peut être mortelle chez un bébé de moins de six mois non encore vacciné.

  • Zona : une injection recommandée à partir de 65 ans, avec un vaccin recombinant en deux doses selon le schéma en vigueur
  • dTP : rappel à 65 ans, puis à 75 ans et 85 ans
  • Coqueluche : rappel associé au dTP si le dernier remonte à plus de dix ans, particulièrement en cas de contact avec des nourrissons

VRS, Covid-19 : les vaccinations saisonnières qui s’ajoutent au calendrier

Le vaccin contre le VRS (virus respiratoire syncytial) commence à s’intégrer aux recommandations pour les seniors, même si son déploiement reste plus ciblé que celui de la grippe. Au Royaume-Uni, la recommandation 2026 vise les personnes de 75 ans et plus, ainsi que les 65-74 ans avec immunodépression ou maladie pulmonaire chronique. En France, le VRS fait désormais partie des vaccins à discuter avec son médecin après 65 ans, surtout en présence de comorbidités respiratoires.

La vaccination Covid-19 reste recommandée chaque automne pour l’ensemble des personnes de 65 ans et plus. Une dose supplémentaire au printemps est recommandée aux personnes de 80 ans et plus et aux résidents d’EHPAD.

Deux femmes seniors en pharmacie attendant leur vaccination recommandée par un pharmacien en blouse blanche

Professionnels au contact des seniors : un enjeu qui rejaillit sur la protection collective

La HAS a recommandé en 2026 une obligation vaccinale antigrippale pour certains professionnels en contact avec des personnes vulnérables. Cette mesure vise à limiter les transmissions en milieu de soins et en EHPAD, là où les épidémies de grippe causent le plus de dégâts.

Pour un senior vivant à domicile, cela signifie que la protection ne repose pas uniquement sur sa propre vaccination. L’entourage professionnel (aides à domicile, infirmiers, kinésithérapeutes) joue un rôle dans la chaîne de protection.

Calendrier vaccinal seniors : comment ne rien oublier

Le plus simple reste de profiter d’une consultation de routine pour faire le point avec son médecin traitant ou son pharmacien. Depuis l’élargissement des compétences vaccinales en officine, on peut recevoir la plupart de ces vaccins directement en pharmacie, sans rendez-vous préalable chez le médecin.

  • Grippe : chaque automne, avec un vaccin renforcé si disponible
  • Covid-19 : chaque automne, dose supplémentaire au printemps pour les 80 ans et plus
  • Pneumocoque : dose unique de Capvaxive ou Prevenar 20 si jamais vacciné
  • Zona : à partir de 65 ans
  • dTP-coqueluche : rappel tous les dix ans à partir de 65 ans
  • VRS : à discuter selon l’âge et les comorbidités

Le calendrier vaccinal des seniors en 2024 n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a dix ans. Le passage au Capvaxive en dose unique pour le pneumocoque, l’arrivée des vaccins grippaux renforcés et l’intégration progressive du VRS modifient la donne. Un point vaccinal annuel, à l’automne, reste le moyen le plus fiable de ne laisser aucune protection de côté.